Football: La fin des privilèges fiscaux en Espagne? | Le Courrier d'Espagne
Mardi 07.02.2012

Football: La fin des privilèges fiscaux en Espagne?

Les footballeurs devront peut-être payer leurs impôts comme tout le monde. Alors que le Parlement espagnol examine un projet de loi visant à abolir les privilèges de la «loi Beckham», la Ligue Professionnelle de Football menace d’organiser une grève.

Ronaldo, Benzema et Kaka lors du match contre Marseille

Ronaldo, Benzema et Kaka lors du match contre Marseille. Photo: David R. Anchuelo/Real Madrid

Le très attendu match entre l’Atletico et le Real Madrid prévu samedi soir au stade Vincente Calderon aura-t-il bien lieu? C’est la question que se posent tous les Espagnols alors que la Ligue Professionnelle de Football (LFP) agite la menace d’une grève du championnat.

En cause, un projet de loi visant à modifier ce que les Espagnols appellent la «Loi Beckham». Concrètement, il s’agit d’une mesure abaissant pendant cinq ans le plafond fiscal à 24% pour les expatriés, contre 43% pour les contribuables espagnols à revenus égaux.

Cette mesure, élaborée à l’origine pour favoriser l’installation de chercheurs étrangers, bénéficie surtout aux joueurs de football étrangers. Grâce à elle, les clubs espagnols ont en effet la possibilité d’attirer les meilleurs joueurs du monde en leur offrant des salaires défiant toute concurrence. Selon le quotidien Cinco Dias, le Real Madrid et le FC Barcelone auraient ainsi économisé près de 14 millions d’euros avec cette «loi Beckham» qui profite notamment au Français Karim Benzéma, au Brésilien Kaka ou encore au Suédois Zlatan Ibrahimovic.

A titre d’exemple, le Portugais Cristiano Ronaldo touche 12 millions d’euros bruts par an et paye 2,9 millions d’euros d’impôts. Les salaires des joueurs de football étant généralement négociés nets d’impôt, le Real Madrid serait dans l’obligation de lui verser 16 millions d’euros bruts par an selon les calculs du quotidien économique.

Autant dire que l’idée de voir disparaître ces abattements fiscaux déplaît aux clubs espagnols. Alors que du côté du monde de l’entreprise, pas une voix ne s’est faite entendre, la LFP a convoqué une assemblée générale extraordinaire vendredi matin afin d’étudier la question et de décider ou non d’une grève de la Liga. Au total, dix matchs prévus ce week-end dans le cadre de la 10 e journée de championnat seront menacés.

Si le Parlement venait à adopter cette modification, le taux réduit ne s’appliquerait plus qu’aux contribuables étrangers déclarant un revenu inférieur 600.000 euros par an.

E.L.



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