L’Espagne vers la retraite à 67 ans
Face à la crise et son lot de conséquences : hausse du déficit public, du chômage et « trou de la sécu », le gouvernement espagnol a lancé un projet de reforme du système de retraite pour en faire reculer l’âge légal de 65 à 67 ans. Polémique…
D´un côté, un chômage qui atteint des records, de l’autre, une population vieillissante : de quoi mettre à mal le système de retraite solidaire et par répartition espagnol.
Avec 4.3 millions de chômeurs fin 2009 soit 18.83% de la population active, le nombre de cotisations est en baisse et les prestations sociales en hausse. Logique. Résultat : la dette publique s’accroît et le déficit tourne autour de 11% du PIB.
A ce facteur conjoncturel s’ajoute un autre, structurel : la modification de la courbe démographique espagnole. Le pays, qui connaît un taux de natalité faible (1,4 enfant par femme) et une espérance de vie qui s’allonge, laisse entrevoir d`ici à 2010 un taux de dépendance (personnes soutenues par la population active) qui passera de 47% à 53% selon el Instituto Nacional de Estadisticas.
La solution imaginée par le gouvernement ? Reculer l’âge légal de la retraite de 65 à 67 ans. De quoi provoquer un tollé. Avec cette mesure, l’Espagne deviendrait l’un des pays européens où le départ à la retraite est le plus tardif.
En France, on est loin du compte puisque le départ à la retraite est pour le moment fixé à 60 ans.
Suscitant de vives critiques à gauche du PSOE comme à droite, la proposition se heurte à un autre problème de fond de l’économie espagnol : le chômage des jeunes qui a atteint 28,4% au deuxième trimestre 2009. Comment demander aux actifs de travailler plus tard et espérer libérer des postes pour les nouvelles générations ?
Au delà du recul de l’âge légal du départ à la retraite, le gouvernement espagnol insiste pour sa part sur sa volonté de mettre en œuvre des moyens efficaces pour éviter des départs en pré-retraite trop nombreux et assurer un soutien financier de la part des entreprises vers les salariés en cas de plans sociaux.
Le gouvernement doit encore faire adopter son texte par le Conseil des ministres, avant qu’il ne soit discuté par les partis politiques et, aussi, par les partenaires sociaux. Rien n’est donc encore fait.
C.O
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