« Les investissements français à Valence ont atteint 520 millions d’euros depuis 1993″

Rafael Ferrando préside CIERVAL, l'organisation qui représente les entrepreneurs valenciens devant les administrations et les syndicats. Intégrée par les trois organisations provinciales que sont la Confédération des Entreprises de Valence (CEV), d’Alicante (COEPA) et de Castellón (CEC), Cierval fait partie de la CEOE, l’organisation représentative des entrepreneurs à niveau national.
Le Courrier d’Espagne : Quelles sont les nouvelles opportunités d’investissements dans la Communauté Valencienne ?
Rafael Ferrando : La Communauté Valencienne a misé sur des activités en accord avec son niveau de développement avancé : des secteurs de haute valeur ajoutée et de haute valeur technologique, avec une composante de qualité élevée, différenciation, R&D+i et design. Elle a su s’adapter à la nouvelle situation économique en s’orientant peu à peu vers de nouveaux secteurs comme celui des énergies renouvelables, l’agriculture biologique, la mode, les équipements sanitaires, le traitement des eaux et le tourisme non résidentiel, tout cela en croissance actuellement.
Le secteur immobilier est en ce moment aussi attractif pour les nouveaux investissements du fait de la baisse des prix et des hypothèques.
Comment peut résister la région ?
Il est nécessaire de continuer à investir en technologie et en R&D+i. C’est le futur, aussi bien pour les secteurs mûrs que sont le meuble, le jouet, la céramique, le textile et la chaussure, que pour les nouvelles niches d’activités, certaines dans ces mêmes secteurs.
Les produits valenciens doivent se différencier pour leur valeur ajoutée, face aux produits fabriqués dans d’autres pays avec lesquels il est difficile d’être en compétition parce que leurs coûts de travail sont très bas, tel le cas du sud-est asiatique.
A plusieurs occasions, vous avez demandé au gouvernement des solutions à la crise. Lesquelles préconisez-vous?
Le 13 novembre dernier, Cierval a proposé un document avec des propositions concrètes pour réduire au maximum l’impact de la crise sur le tissu des entreprises valenciennes et accélérer la reprise. Certaines sont prioritaires, telles que la récupération du financement des entreprises et la réforme du travail. De plus, nous avons émis d’autres propositions qui se sont traduites par un décalogue qui peut se résumer ainsi : une réforme fiscale, de plus grands investissements en infrastructures, l’amélioration des administrations publiques et la réorientation de la dépense publique, l’amélioration de la politique énergétique, l’impulsion à l’innovation, l’internationalisation et la R&D, l’unité de marché, la sécurité juridique et la réforme éducative.
Que pensez-vous du gel du financement des PMEs, l’un des grands problèmes de la crise ?
Cierval a demandé de manière répétée devant les administrations des solutions pour faciliter la reprise du financement aux entreprises et en particulier aux PMEs. Dans ce sens, il faudrait qu’il y ait une plus grande efficacité dans le fonctionnement de l’Institut de Crédit Officiel (ICO) pour qu’il parvienne au financement des PMEs, et pour ce qui est de la Communauté Valencienne, il faudrait améliorer l’action de l’Institut Valencien des Finances (IVF) et de la Société de Garantie Réciproque (SGR).
Cierval a signé en décembre un accord avec la Chine pour la promotion des relations commerciales entre la région de Shandong et la Communauté Valencienne. Pourquoi cette région et quels sont les résultats attendus ?
Shandong est la seconde province du pays en nombre d’habitants et elle est considérée comme la seconde économie la plus importante de Chine. Son économie est fondée principalement sur le secteur industriel de l’acier, l’électronique, le textile, la chimie, les matériaux de construction et l’automobile.
L’accord signé entre Cierval et le Conseil pour la promotion du commerce international de la Chine (CCPIT), dans la province de Shandong, a pour objectif de promouvoir le commerce bilatéral, ce qui inclut l’échange d’informations sur les opportunités d’affaires et d’investissement, le transfert technologique, les salons, les foire d’expositions et les autres événements qui peuvent être digne d’intérêt pour la promotion commerciale. Le but est d’augmenter la coopération entre les entreprises de Shandong et la Communauté Valencienne, en recommandant des partenaires potentiels et en facilitant l’obtention de visas d’entrée aux entrepreneurs qui se déplacent à l’occasion de missions économiques pour la mise en marche de projets concrets.
Vous maintenez des réunions régulières avec les chambres de commerce ou les organisations d’entrepreneurs d’autres pays comme le Royaume-Uni, l’Italie ou, il y a peu, la France. Quels sont les marchés prioritaires pour Valence ?
Par le biais du département de Relations internationales, Cierval promeut les relations institutionnelles et commerciales avec des organisations commerciales et gouvernementales de différents pays de l’Union Europénne, d’Asie, d’Amérique centrale et du sud, dans le but de faire connaître notre tissu productif et entrepreneurial.
De plus, au travers de son Centre de Cooperation Euroméditerranéen, MEDVALENCIA, créé en 1997 par le biais d’un Accord de Collaboration avec la Generalitat Valenciana et la Confederation Espagnole d’Organisations entrepreneuriales, CEOE, nous travaillons pour améliorer les relations d’affaires et augmenter la présence des entreprises espagnoles dans les pays du sud de la Méditerranée, parmi lesquels l’Algérie, l’Egypte, le Maroc, la Tunisie et la Turquie jouent un rôle fondamental dans les relations internationales avec la Communauté de Valence.
Quel est le poids de la France parmi les chefs d’entreprises et investisseurs de Valence ?
Les investissements provenant de la France dans la Communauté Valencienne entre 1993 et 2008 se sont élevés à un total de 520, 45 millions d’euros, ce qui en fait le 4e pays en termes d’importance des investissements, particulièrement dans ce qui touche au matériel de transport, aux produits manufacturés non métalliques et aux services financiers.
La coopération de la Communauté de Valence avec la France a été mise en évidence par l’étroite collaboration que maintiennent les Instituts Technologiques valenciens avec le grand nombre d’agents en France (universités, entreprises et centres de formation professionnelle) et qui a permis de développer de nouveaux outils, d’intégrer des connaissances, de développer de nouvelles technologies, en augmentant ainsi la compétitivité des entreprises françaises et valenciennes, et aussi en améliorant la disposition des PMEs pour participer à de futurs programmes européens de R&D.
Propos recueillis par S.M.
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