Des momies passées au scanner à Alicante
Jusqu’au 17 octobre, le musée archéologique d’Alicante, le MARQ, accueille l’exposition L’énigme de la momie organisée en partenariat avec le musée des Beaux Arts et d’archéologie de Besançon et le musée du Louvre.

Le prêtre Seramon. Photo MARQ/DR
Tout commence dans une faculté de médecine de Besançon. Rien à voir a priori avec l’archéologie. Et pourtant. Lorsque Samuel Merigeaud, interne passionné d’Egypte ancienne, décide de préparer sa thèse en radiologie, il choisit d’examiner au scanner les deux momies millénaires qu’expose depuis plus de 150 ans le musée des Beaux Arts et d’archéologie de Besançon. Emmenées à l’hôpital pour être examinée grâce à un scanner ultra moderne, les momies égyptiennes suscitent une véritable passion du personnel du musée mais aussi de l’hôpital et bientôt de la ville entière. Une exposition est bientôt organisée pour présenter les découvertes permises par le scanner. Car l’exploration médicale permet de connaître tous les secrets que renferment des momies qui, par chance, n’ont jamais été ouvertes. Cachés sous les bandages, c’est ainsi que le public découvre les traits des deux prêtres Seramon et Ankhpakhered.et une statue d’Osiris embaumée avec le mort. “Le scanner a permis de connaître l’âge des prêtres au moment du décès, les soucis physiques qu’ils avaient connus, de comprendre les techniques de momification et de recréer tous les gestes des embaumeurs. Et de découvrir des amulettes cachées sous les bandelettes.” explique la commissaire de l’exposition, Agathe Legros.
Aujourd’hui complétée et agrandie, “El enigma de la momia” débarque au musée archéologique d’Alicante. Grâce à la collaboration entre le Musée des Beaux Arts de Besançon, le Musée du Louvre et le MARQ, mais aussi d’autres collections françaises comme celle de la Bibliothèque nationale de France, ce sont près de 250 pièces dédiées aux rites funéraires dans l’Egypte Ancienne qui sont rassemblées jusqu’au 17 octobre à Alicante. “Jusqu’à présent, il n’y avait jamais eu de collaboration entre le Louvre et un musée espagnol sur le terrain archéologique”, souligne Christophe Barbotin, conservateur en chef du Département d’Egypte au Musée du Louvre, avant de remarquer que “pour la première fois, la stèle du bannissement de Carnac va quitter Paris”. Pour Emmanuel Guigon, Directeur du Musée des Beaux Arts et Archéologique de Besançon, cette collaboration a aussi permis “la restauration nécessaire de toute cette collection”.
Grâce à une mise en scène originale et des ressources interactives, le MARQ fait revivre l’histoire de Seramon et Ankhpakhered et se penche sur les questions de la momification, du sens de la symbolique de l’embaumement et de la représentation de l’au-delà dans l’Egypte Ancienne. L’exposition s’oriente autour de trois grands thèmes : le monde des vivants, la momification et l’enterrement, et le temps du défunt et le voyage vers l’au-delà. A l’origine, deux papyrus se trouvaient près du magnifique sarcophage de Seramon, orné d’une scène funéraire. Ils sont pour la première fois réunis dans une exposition. Or leur valeur est immense car ils renferment des fragments du Livre des Morts. D’autre part, Manuel Olcina Domenech, le Directeur Technique du MARQ, souligne qu’à cette exposition internationale, est ajoutée “une perspective espagnole puisque sont présentés une trentaine d’objets d’égyptologie trouvés dans la région alicantine et sans doute emmenés par les Vénitiens et les Gênois.” Une fascinante exposition à découvrir.
S.M.
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