La Gran Via : l’histoire d’une avenue centenaire

La Gran Via en 1924 : les travaux sur l'avenue ne se termineront que cinq ans plus tard. Elle n'est pas encore l'artère la plus commerciale de la capitale espagnole. Photo : X/ DR
Quand on regarde la Gran Via telle qu´elle apparait dans le Madrid d´aujourd’hui, c’est sa largeur mais surtout la diversité de son architecture qui nous marque. Un boulevard toujours en mouvement à 7h comme à 2h du matin et des enseignes publicitaires qui nous assaillent. On apprécie de se balader, flânant de grandes enseignes en sandwicheries qui ont élu demeure sur cette artère de 1,3 km de long. Les cinémas et les salles de spectacles sont l´occasion de découvrir les films les plus récents et de nombreuses comédies musicales : le Broadway espagnol à sa manière. Mais la célèbre avenue madrilène n´a pas toujours été celle que l´on connait aujourd’hui.
Le parcours de la Gran Via commence en 1904 quand est signé le projet d´une avenue allant de la puerta de Alcalá jusqu´à la plaza de España. L´objectif est alors de désengorger la zone de la Puerta del Sol et de faire disparaître un quartier réputé pour ses rues étroites et insalubres.
Ce n´est pourtant qu´en 1910 que les travaux vont s´amorcer sous le coup de pioche en argent du Roi d´Espagne d’alors, Alfonso XIII. La construction qui va devenir l´une des plus grandes interventions urbaines du XXe siècle s´organisera en trois parties pour finalement s´achever en 1929.
Un nouveau repère
De là, l’avenue va s’animer. Le centre ville étant aéré, les Madrilènes vont commencer à s´y rassembler et les commerces et grands édifices vont estimer l’avenue idéale pour une implantation : Le Metropolis, le Madrid–Paris, Telefonica le plus grand édifice de la rue ou encore l´immeuble Lope de Vega, achevé en 1949.
Une situation qui plaît également aux grands magasins et autres enseignes de luxe. Telle la rue de la Paix en France ou Regent Street à Londres, la Gran Via se convertit au début du XXe siècle en un lieu de rencontre pour la haute bourgeoisie madrilène.
El Corte Inglés et Galeria Preciados choisiront peu après de s´y installer. Dans les années cinquante, des bars, des hôtels et des salles de cinéma comme El Palacio de la Música et Cine Avenida feront leur apparition dans la zone non loin de Callao, accueillant les chefs d´œuvre du cinéma américain que sont Autant en emporte le vent, Singing in the rain ou Casablanca.
La rue fut aussi marquée par l´Histoire. Au départ baptisée Avenida de la CNT (confédération nationale du travail), elle devient en 1937 avec la guerre civile, sous l´impulsion des communistes la Avenida de la Union Soviética. Franco la renomma par la suite Avenida José Antonio, en hommage au fils du dictateur espagnol Primo de Rivera.
Il faudra donc attendre la fin du franquisme en 1975 et le début de la movida madrileña dans les années 80 pour voir l´artère prendre le nom de Gran Via et devenir celle que l´on connait aujourd’hui.
C´est donc toutes les étapes de ce centenaire que propose de découvrir la mairie de Madrid le gouvernement, les commerces et autres institutions liés à l’évolution de la ville.
Près de 40 activités sont proposées jusqu´à la fin du mois de mai : Expositions de photos, films cultes, cycle de conférence ou encore visite musicale et théâtralisée de l´avenue en bus touristique. De quoi se plonger dans une avenue qui durant un centenaire n´a eu de cesse d´évoluer.
Plus d’informations sur : http://www.esmadrid.com/es/
Clémence Olivier
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