L´Amérique Latine, bouffée d´air pour les gestionnaires de fonds espagnols
Alors que le marché espagnol des fonds d´investissement voit ses capitaux prendre la fuite pour près de 80 milliards d´euros en 2009, l´Amérique latine inverse la tendance en attirant les capitaux et offre aux gestionnaires espagnols un moyen de compenser les pertes.

La BBVA gère en 2009 plus de 77 milliards d´euros en Amérique Latine. Ici la filiale de l´entreprise au Panama. Photo BBVA/DR
Les gestionnaires de fonds espagnols résistent grâce à l´Amérique latine. Face à des capitaux qui délaissent le marché ibérique, les grandes entreprises d´investissement espagnoles telles que BBVA et Santander ont pu rééquilibrer leurs pertes. En effet les 80 milliards qui ont quitté la péninsule représentent à peine la moitié des capitaux investis en Amérique latine, soit 170 milliards d´euros en 2009 selon l ‘Efama, association européenne de la gestion d’actifs.
En effet, ces deux grandes entités financières, leaders de leur secteur en Espagne, ont saisi le potentiel que pouvait représenter le continent sud-américain. La résistance de ces marchés durant la crise économique avec, entre autres exemples, un PIB brésilien en croissance de 2,7% au premier trimestre 2010, n´a d´ailleurs fait que renforcer les bonnes perspectives latino-américaines. Ainsi, BBVA et Santander possédaient en 2009 un patrimoine de plus de 25 milliards d´euros en Amérique latine. De plus, ils ont choisi de dédier plus d´argent à cette région qu´à la péninsule ibérique. Ce sont des équipes locales situées dans les principaux pays d´Amérique latine, agissant en lien avec les filiales régionales qui se chargent de la distribution des fonds.
L´Espagnol BBVA gère en 2009 plus de 77 milliards d´euros en Amérique latine et notamment au Mexique où le marché semble le plus porteur selon des sources citées par le quotidien économique Expansión. Le groupe est également présent au Chili, au Pérou, au Panama, en Colombie et en Argentine
Santander, deuxième entité financière de poids s´occupe pour sa part de fonds d´une valeur de 55 millions d´euros. C´est au Brésil, marché en augmentation en 2009 de 63% que l´entreprise gère le patrimoine le plus important. Au premier trimestre 2010, celui-ci représentait un montant de plus de 39 milliards d´euros alors qu´au même moment l´Espagne voyait fuir ses capitaux pour 6 milliards d´euros.
Néanmoins, la place de l´Espagne n´est pas pour autant à sous-estimer. Bien que le pays n´attire plus autant de capitaux, il reste néanmoins une bonne passerelle entre les gestionnaires de fonds internationaux et l´Amérique. Par la langue et les valeurs proches entre l´Espagne et le continent latino-américain, elle donne la possibilité aux entités financières telles que le groupe français Crédit Agricole ou encore la Deutsche Bank pour l´Allemagne, de s´insérer sur le marché grâce à l´action de leurs filiales et associés espagnols.
C.O
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