50 % des communes espagnoles risquent de disparaître

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D’après une étude de la Fédération espagnole des municipalités et provinces, rendue en 2017, la crise démographique qui secoue l’Espagne s’est aggravée au point de menacer l’existence d’un grand nombre de communes.

4000 municipalités espagnoles, sur un total d’environ 8 000, seraient en danger aujourd’hui. Plusieurs causes peuvent expliquer ce constat. D’abord, la crise démographique qui secoue l’Espagne. Selon les chiffres publiés dans l’étude, 36 provinces sur 50 ont perdu des habitants en 2016, une perte qui peut aller jusqu’à plus de 1% de la population d’une commune. C’est le cas pour plusieurs d’entre elles comme Zamora (-1,57%), Ávila (-1,24 %), Orense (-1,22%), Ciudad Real (-1,11%), Teruel (-1,06%), Segovia (-1,05%), Soria (-0,99%) et Salamanque (-0,97%).

Une autre cause peut expliquer la crise démographique qui touche certains territoires, la désertification des zones rurales. L’Espagne a subi, et continue de subir, un fort exode rural qui conduit au vieillissement des populations et rend peu attractifs les villages concernés. Par ailleurs, certaines capitales de province sont elles aussi concernées par le départ de leur population et, la plupart du temps, cela est dû aux difficultés économiques de la région. Car, comme le note l’étude de la Fédération espagnole des municipalités et provinces, on remarque une forte corrélation entre désert démographique et marché de l’emploi.

Moins de 1 000 habitants dans la moitié des communes espagnoles

La crise démographique se traduit par la désertification de certains villages qui ne comptent plus que quelques centaines d’habitants. D’après l’étude, dans 14 provinces, plus de 80 % des villes ne dépassent pas 1000 habitants. Cela représente 61 % des communes espagnoles. La situation est particulièrement critique dans des provinces comme Soria, Teruel, Zamora, Ávila ou Burgos, où l’on comptabilise moins de 1000 habitants dans 90 % des communes.

Des cas sont encore plus inquiétants, comme les 1286 villages qui ne dépassent pas les 100 habitants, soit 16 % des communes d’Espagne. En un an, 48 communes sont passées sous cette barre symbolique.  Aujourd’hui 61 % des municipalités concentrent seulement 3,15 % de la population espagnole.

 

Les grandes villes attirent plus

Après plusieurs années d’exode rural, une brèche importante s’est creusée entre les zones rurales et les centres urbains, créant un déséquilibre territorial important. Les villes ont, par exemple, une démographie beaucoup plus importante. Selon l’étude, 14 provinces ont ainsi gagné en population. En majorité, ce sont des grandes villes ou dont l’économie est importante à l’échelle nationale : Guipúzcoa, Gérone, Álava, Navarra, Séville, Alicante, Murcie, Santa Cruz de Tenerife, Almeria, Las Palmas, Málaga, les Îles Baléares, Barcelone et Madrid.

Désormais, seules 143 villes de plus de 50 000 habitants concentrent 5 854 053 habitants. Ce sont donc 12,6 % d’Espagnols qui vivent dans 1,76 % des communes espagnoles. Un écart important avec les territoires ruraux qui conduit au déséquilibre démographique du pays.

 

Infographie : Le Courrier d’Espagne

Source : Fédération espagnole des municipalités et provinces

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