Castellón dépasse 15 aéroports du réseau Aena, en trafic de passagers

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L’aéroport de Castellón, bien qu’ayant été beaucoup plus inactif qu’actif en raison des circonstances financières, opérationnelles et politiques qui l’ont entouré depuis son inauguration, a clôturé 2017 avec un trafic de près de 150 000 passagers (+36 %), un exploit, puisque c’est la seule installation aérienne commerciale en Espagne gérée par une entreprise privée, et qu’elle se place devant 15 infrastructures du réseau Aena, en nombre de passagers. Depuis son ouverture officielle, en décembre 2014, jusqu’en février 2018, l’aéroport a été utilisé par plus de 280 000 passagers et a effectué plus de 3 500 vols. Avec la professionnalisation de la gestion, la participation des dirigeants des entreprises touristiques et un plan stratégique qui relie leur développement à la croissance du tourisme, l’aéroport décolle.

«Ces chiffres, en réalité, ce qu’ils montrent clairement, c’est que le besoin de cette installation était évident pour l’économie de Castellón, et surtout, pour le tourisme. Ou, en d’autres termes, on peut s’interroger sur le « comment » l’aéroport a été fabriqué, sans aucun doute, mais pas sur son utilité. » C’est ce que met en évidence Javier Gallego, chef de développement et de stratégie de l’aéroport de Castellón et membre de son conseil d’administration, qui dans un entretien avec Hosteltur, parle des réalisations, et des attentes pour cette année, ainsi que de nouveaux projets.

Plan stratégique

Hosteltur : Comme il ne s’agit pas d’un aéroport du réseau Aena, comment cela s’est-il passé ?

Javier Gallego : Je pense qu’il est intéressant de noter l’attitude de l’actuelle Generalitat Valenciana. Ce n’est pas un secret que les politiciens actuels qui gèrent la région, et qui sont donc les propriétaires de l’aéroport de Castellón, ont été les principaux détracteurs de cette infrastructure, à cause de la façon dont le gouvernement précédent l’a géré. Cependant, depuis qu’ils sont au pouvoir, ils ont fait tout leur possible pour que l’aéroport fonctionne le mieux possible, en soutenant sa consolidation économiquement et politiquement. Pour cela, ils ont donné aux entreprises touristiques l’opportunité de participer à la gestion et au développement, en apportant notre vision et notre expérience, ce qui n’est pas commun de nos jours.

H : Actuellement, quels sont les activités, les itinéraires et les opérateurs de l’aéroport de Castellón ?

J.G : À ce jour, nous avons trois liaisons hebdomadaires vers Londres, deux vols hebdomadaires vers Poznan, en Pologne ; ainsi que deux à Sofia, en Bulgarie ; opérées tout au long de l’année. De même, nous avons deux vols par semaine vers Bucarest, qui, depuis 2018, ne fonctionne que pendant la saison estivale.

H : Quelles sont les principales lignes d’action envisagées dans le nouveau plan stratégique de l’aéroport ? Quelles sont vos perspectives de croissance ?

J.G : Lorsque le nouveau conseil d’administration a pris possession de l’aéroport, nous savions que nous devions professionnaliser complétement le mode de gestion et de prévenir sa politisation, puisque l’installation appartient au gouvernement de la Generalitat. Pour cette raison, et en ma qualité de conseiller en stratégie et développement, j’ai proposé tris lignes d’action : l’élaboration d’un plan stratégique qui marquerait, de façon efficace et non théorique, les axes de développement ; la création d’un système qualité qui contrôlera tous les aspects liés à la propreté et à la gestion de l’aéroport ; et la totale coordination entre tous les acteurs impliqués dans le développement de l’installation qui, dans notre cas sont la Generalitat Valenciana via la Sociedad Pública Aerocas, l’Agence du tourisme de Valence, et les entreprises du tourisme, à travers le Club « Introducing Castellón ». Je crois que ces trois axes se développent de manière très satisfaisante.

H : Et quels sont les prochains objectifs ?

J.G : Ces axes sont ceux que nous travaillerons en 2018 avec une mission : relier étroitement le développement de l’aéroport avec celui du secteur du tourisme, pour réussir à positionner Castellón – et ses produits correspondants – sur les principaux marchés européens, c’est ce pourquoi a été conçu et crée l’aéroport. À cette fin, nous avons développé un plan marketing conjoint dans lequel nous participons activement aux actions, que ce soit des missions commerciales, des ateliers et présentations, ou des actions promotionnelles.

H : Quels projets sont en cours, ou vont se mettre en place, actuellement ?

J.G : Cette année 2018, nous avons entamé ce que nous considérons comme la deuxième phase du plan de développement de l’aéroport, une fois terminée la première, qui était entièrement consacrée à la mise en service de l’installation elle-même, avec tout ce que ça implique. C’est pourquoi, dans le cadre du plan marketing, nous allons lancer un programme de recrutement international de compagnies aériennes et de voyagistes ce qui, à moyen et long terme, nous permettra d’augmenter nos taux d’occupation sur le segment international et surtout de développer notre saison touristique qui est, en somme, notre grand objectif stratégique : réaliser une saison touristique d’au moins dix mois.

H : Quelles sont les possibilités de nouveaux itinéraires et opérateurs ?

J.G : En principe, nous nous sommes fixés comme objectif de maintenir les routes que nous avons et, bien sûr, si possible, d’en développer d’autres. Mais notre véritable objectif est d’être en mesure d’ouvrir de nouveaux marchés touristiques avec le soutien fondamental fourni par l’installation, par conséquent, nous ne sommes pas obsédés par l’augmentation du nombre de passagers. Même il est parfaitement possible de réduire le trafic pendant un ou deux ans, mais ce que nous voulons vraiment, c’est consolider durablement la croissance avec des itinéraires qui répondent aux intérêts économiques et sociaux … des deux côtés, c’est-à-dire Castellón et les autres villes d’origine.

H : Quelles sont vos attentes pour l’été 2018, qui est sur le point de commencer ?

J.G : Dans un premier temps, et dans la lignée de ce qui précède, nous négocions avec plusieurs marchés avec lesquels il existe une forte probabilité de réaliser des opérations d’affrètement d’ici 2019 et, en ce sens, nous pourrions effectuer certaines opérations et tester des vols en 2018, dans le cadre stratégique 2018-2021, c’est-à-dire, quand nous pensons que l’aéroport va vraiment commencer sa croissance consolidée, basée sur le trafic charter avec le soutien de lignes low-cost sur certains marchés.

Un aéroport fantôme

L’aéroport de Castellón a été officiellement inauguré le 25 mars 2011, mais n’a pas été mis en service : il ne possédait pas de permis de navigation aérienne et ne pouvait recevoir ni avions ni passagers, devenant ainsi l’un des aéroports fantômes les plus emblématiques d’Espagne et l’une des icônes nationales de l’ère de gaspillage qui a précédé la crise de 2008.

Après avoir écarté des idées folles comme celle qui voulait faire visiter l’aéroport comme un parc aéronautique, ou celle qui voulait en faire un immense vélodrome pour les pratiques automobiles, l’aéroport est resté fermé. Initialement, il était administré par l’entreprise publique Aerocas, propriété de la Generalitat Valenciana  et de la Diputación de Castellón, après quoi il a été transféré à la société canadienne SNC-Lavalin et, depuis janvier dernier, à la société française Edeis Management.

Enfin, trois ans et neuf mois après l’inauguration officielle infructueuse de ses installations, l’Agence nationale de la sécurité aérienne (AESA) a certifié ses installations et autorisé les opérations à compter de ce moment, le 11 décembre 2014.

L’infrastructure dispose d’un terminal de 10 000 mètres carrés et d’une piste de 2,7 kilomètres, une construction qui a supposé l’investissement initial de l’entreprise publique de 150 millions d’euros.

Le 15 janvier 2015, l’aéroport de Castellón a réalisé son premier vol commercial, un avion de la compagnie Air Nostrum, pour transporter le Villareal CF et ses supporters à San Sebastián pour affronter la Real Sociedad. Huit mois plus tard, le 15 septembre 2015, un Boeing 737-8 de Ryanair a décroché le premier vol régulier en provenance du Royaume-Uni.

Source : hosteltur.com

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