Edouard Martin est président de l’Association Espagnole des Professionnelles Entrepreneurs de Chapiteaux et Structures Mobiles et du bureau de réglementation DEVECEM. Il participe aux relations franco-espagnoles en implantant des entreprises espagnoles en France et vice-versa. Son bureau d’ingénieur intervient, outre l’ingénierie, dans des domaines variés tels que la consultation, la législation, l’expertise ou la médiation.
Présentez-nous votre association, votre parcours.
Je suis président fondateur de l´Association Espagnole des Professionnelles Entrepreneurs de Chapiteaux et Structures Mobiles, ASPEC. J´ai fondé cette association professionnelle en 2000, car il y avait un vide juridique sur la réglementation spécifique en Espagne qui permettait de faire n’importe quoi et n´importe comment. C’était une époque difficile, car le plus important n’était pas la sécurité ni la qualité, c’était le prix. Il était impossible de louer du matériel homologué conforme aux règles de sécurité françaises au même tarif que la France.Les lois entre la France et l’Espagne sont elles les mêmes? Non, la réglementation Française pour les CTS « chapiteaux, tentes, structures » a été créé le 23-01-85, en Espagne nous n’avons rien encore de spécifique à la profession. Je suis en train de collaborer avec le Ministère de l´Habitation Espagnole pour faire un annexe au CTE, comme en France.
Les gros acteurs espagnols s’exportent-t-ils facilement? Si oui dans quels pays?
Le manque de réglementation spécifique en Espagne a facilité l´importation de chapiteaux et structures mobiles de pays comme la France, l´Allemagne, la Belgique, l´Italie, mais a compliqué l´exportation. Le seul pays qui a eu un véritable lien direct avec l´Espagne, c´est le Portugal, bien que maintenant, avec la connaissance de la réglementation française, la France est le pays de référence.
Comment la crise affecte ce secteur et quels sont les secteurs les plus demandeurs?
Il y a moins de travail, mais suffisamment pour que les entreprises puissent tenir. Le plus gros problème n’est pas d’avoir du travail. Les collectivités locales sont-elles de bons clients? Il suffit juste de regarder le calendrier des fêtes et foires locales que nous avons en Espagne pour s´apercevoir que ce sont de très bons clients. Le gros problème actuellement est que nous faisons le travail, mais nous ne savons pas quand nous allons être payés. Nous avons des entreprises qui ont des gros problèmes de trésorerie car cela fait plus de deux ans que les collectivités locales leur doivent des factures.
Une entreprise française a-t-elle intérêt de passer un contrat avec une entreprise espagnol pour son événement?
Oui, les entreprises espagnoles de notre collectif sont très professionnelles, avec des tarifs très compétitifs au niveau qualité – prix.
L’Espagne peut-elle être plus compétitive que la France dans ce secteur et si oui pourquoi?
Bien que la France ait un prestige international du fait d’une professionnalisation reconnu par le secteur (réglementation CTS, CAP monteur de structures mobiles…), l’Espagne est chaque fois plus compétitive car les entreprises son très réactives, elles font beaucoup d’heures et les salaires sont beaucoup plus bas.
Propos recueillis par P.C.



















