Juridique: « Les clients ont besoin d’un interlocuteur unique »

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Le cabinet M&B, qui se définit comme un cabinet boutique de droit des affaires, vient d’ouvrir un bureau à Madrid. Avec cette implantation dans la capitale espagnole, M&B veut compléter à la fois sa présence en Espagne et ses domaines d’intervention.  En effet, le cabinet a engagé, en qualité de responsable du bureau madrilène, Emilio Calvo Lechosa, spécialiste du droit administratif et ancien responsable du contentieux administratif de FCC.  Rencontre. Votre théorie est que l’avenir appartient aux cabinets boutiques, sur quels arguments vous fondez-vous ? Je suis persuadé que, au cours de cette période économiquement troublée, les entreprises ne trouvent plus dans les grands cabinets les qualités qu’elles recherchent chez un avocat.  Nos interlocuteurs, qu’ils soient ou non juristes, dans les PME comme dans les grandes multinationales, ont besoin d’un interlocuteur unique pour l’ensemble de leurs problématiques juridiques. Vous prétendez donc que les avocats des cabinets boutiques sont à même de conseiller dans tous les domaines du droit ? Bien sûr que non ! Un cabinet boutique ne peut pas regrouper des experts dans tous les domaines du droit.  Toutefois, nous concevons l’avocat comme le partenaire juridique de référence de son client. L’avocat de référence doit avoir  une parfaite connaissance de l’activité de son client et une vision d’ensemble de ses problématiques propres afin de le faire bénéficier de ce que nous appelons « l’expertise globale ». Comment définissez-vous  « l’expertise globale » ? Il s’agit de la faculté, pour l’avocat, de discerner, dans le discours purement business de son client, les potentielles problématiques juridiques,  de savoir les repérer et d’alerter son client même si ces secteurs ne sont pas ceux de sa spécialité.  Cette faculté doit être doublée de la capacité de poser les bonnes questions à d’autres juristes et avocats experts dans ces autres secteurs (donc disposer d’un bon réseau d’experts), et de présenter au client des réponses fonctionnelles, concises, pour l’aider dans la prise de décision.  L’avocat tel que nous le concevons allie donc une spécialité dans un domaine particulier à cette expertise globale de « se poser les bonnes questions », non pour soulever des obstacles, mais pour les anticiper et les contourner.  Cette vision globale, d’un seul et même interlocuteur entouré d’une bonne équipe, permet le développement d’une relation de confiance orientée sur le long terme. D’après vous, comment ces cabinets boutiques peuvent se développer sur le marché du droit des affaires, fortement dominé par les cabinets de grande taille, fondés sur le modèle anglo-saxon ? A mon sens, l’atout principal de ces cabinets consiste en une valeur ajoutée spécifique, qui leur permet de se développer au sein d’une niche particulière.  Pour parler d’une expérience que nous connaissons bien, la nôtre, nous insistons toujours sur la valeur ajoutée que nos clients nous reconnaissent : notre biculturalité juridique.  Nos avocats conseillent, dans leur domaine de spécialité, tant en droit espagnol qu’en droit français.  Cela est un point fort de distinction qui nous permet de pénétrer le monde franco-espagnol des affaires.  Cette particularité n’existe pas dans les grands cabinets du fait de l’hyperspécialisation de leurs membres.  Notre boutique n’a pas de French ou de Spanish desk, car nous ne nous définissons pas comme des avocats français qui parlent espagnol ou vice-versa.  Nous sommes de véritables avocats franco-espagnols, et conseillons quotidiennement nos clients des deux côtés de la frontière. Vous me parlez d’une valeur ajouté qui vous est propre.  Si nous élargissons à l’ensemble des cabinets boutiques, comment peuvent-ils affronter la concurrence des grands cabinets ? Cela me semble assez évident : en développant leur inventivité et leur créativité.  Ainsi, ils pourront se distinguer dans un monde juridique de plus en plus standardisé, fortement influencé par les modalités de travail anglo-saxonnes, et l’utilisation de modèles et de solutions uniformisées.  Le fait pour les cabinets boutiques de ne pas être tenus de suivre des protocoles lourds et répétitifs leur permet de trouver des solutions innovantes.  Leur objectif doit être de faire preuve de réactivité et d’excellence dans la prestation, tout en travaillant avec des honoraires considérablement inférieurs à ceux des grosses structures, dont les frais fixes sont beaucoup plus élevés. Le fait d’avoir un associé de référence, interlocuteur unique, est également un facteur qui les distingue.  Chez M&B, nous mettons également en avant notre capacité à accompagner nos clients tant dans leurs besoins en conseil qu’en contentieux, ce qui participe de notre volonté la fameuse « expertise globale »..   LCE

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