La “bulle foot” va-t-elle éclater?

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Depuis plusieurs années déjà, nombreux sont ceux qui dénoncent la “bulle foot” espagnole, similaire en de nombreux points à la bulle immobilière. Ces dernières semaines, plusieurs responsables sportifs et politiques ont tiré la sonnette d’alarme.   Si les clubs de football espagnols font vibrer les supporters du monde entier, le tableau est moins brillant en coulisses. La dette des clubs espagnols a été multipliée par 20 depuis le début des années 1990, pour atteindre la somme de quatre milliards d’euros, dont trois milliards sont en fait dûs à l’Etat (impôts et charges sociales). Un chiffre qui fait craindre un éclatement de la bulle à tout moment: “Nous sommes champions du monde, champions d’Europe, nous avons le grand Barça et le grand Real Madrid, et nous avons aussi dix clubs en cessation de paiement en début de saison. C’est-à-dire que nous allons avoir le pire football du monde” constate José Maria Gay de Liebana, professeur à l’Université de Barcelone et auteur de l’étude Fútbol y Finanzas. La faute aux chaînes de télévision? Les spécialistes ont tendance à désigner les télévisions comme les grands coupables de la situation. Il est vrai que depuis de nombreuses années, la guerre que se livrent les chaînes pour obtenir les droits de retransmission des matchs a fait monter les prix d’une manière folle et incontrôlée. Mais le véritable problème vient du fait que les clubs vivent presque exlusivement de ces droits de retransmission, et que ceux-ci sont reversés pratiquement en totalité au Real Madrid et au Barça, qui reçoivent chacun 140 millions d’euros, contre 24 pour le club de Séville ou 12 pour le Malaga. Les plus petits clubs peinent donc à trouver leur mode de financement, tout en voulant briller sur le terrain. Le manque de contrôle des comptes est également pointé du doigt et plusieurs clubs ont recours à des manoeuvres financières pour masquer leur situation réelle et éviter la mise en cessation de paiements. Pour José Maria Gay, la solution passe par plusieurs étapes, qu’il faut entamer au plus tôt, pour “mettre de l’ordre dans les clubs [espagnols] et s’inspirer des modèles français et allemands”. Esteban Gonzalez Pons, porte-parole du PP, estimait cette semaine que “la bulle du football éclaterait, et qu’avec sa situation économique, l’Espagne ne pouvait pas se permettre d’avoir une des meilleures ligues du monde”. Aurelie Chamerois

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