Milanuncios.com : une startup espagnole rachetée à 100 millions ?

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Voici une nouvelle que nous avons peu l’habitude d’entendre en Espagne depuis les débuts d’Internet : Milanuncios.com, une start-up plutôt discrète composée de 8 employés seulement,  vient de se vendre entre 50 et 100 millions d’euros selon les estimations de El Confidencial. 50 millions en cash, le reste en actions. Cet entrepreneur discret qui fréquente peu les salons professionnel ou autres cocktail,  et dont les médias n’ont quasiment pas révélé l’existence a su créer un site Internet de petites annonces recevant plus de 20 millions de visiteurs par mois et évalué à plus de 50 millions d’euros. Selon les informations de El Confidencial, la société aurait payé une partie en actions, soit 10% du capital de SCM, ce qui valoriserait le site à 100 millions d’euros. Une belle opération qui pourrait faire réver plus d’un média pure palyer français qui ne vit…que grace aux suvventions de l’état. ! Le marché des petites annonces n’a pas besoin de capital

loquo
Le site espagnol Loquo, autre concurrent de milanuncios, plus proche lui de l’américain Craiglist. Un cubain est à l’origine de ce site.
Le site a été créé en 2005 sur le modèle du site américain Craiglist, racheté d’ailleurs par Ebay. A l’époque en Espagne, le marché des petites annonces online est réservé à loquo.com, racheté par Ebay encore, qui supprime rapidement les annonces érotiques. Milanunucios lui succède, sans capital ni multinationale associée, ni même géré par une entreprise de droit du genre S.L. (S.A.R.L.). Dans les années 2010-2011, le site dépasse le numéro un espagnol « Segunda mano ». Milanuncios s’organise juridiquement et se professionnalise afin de gérer son trafic. Ne demandez pas à son fondateur quel était son business plan à l’origine ! A ses début, l’entrepreneur n’avait pas de quoi rémunérer des stagiaires. Aujourd’hui, il peut embaucher voire racheter ses concurrents archaiques qui licencient. Une exception dans un pays loin derrière des startups mondiales Nous avons presque oublié qu’il était possible de faire fortune avec le net en Espagne tant les startups sont quasiment inexistantes. Depuis le début des « .com » en 1995, seules quelques opérations ont permis à une poignée d’entrepreneurs de s’enrichir. Et la plupart sont des expatriés (Jazztel à un argentin, Twenti à un américain, ..). Celui qui veut faire fortune avec le net en Espagne doit aller voir ailleurs. « Nous sommes encore loin des normes internationales afin de bâtir un acteur global à partir de l’Espagne » déclare Francisco cet entrepreneur désespéré. «  Ici, la plupart des agences de communications ou les agences Web en sont encore à fermer le rideau le vendredi à 15h pour ne reprendre le travail que le lundi matin ! Comme si le net s’arrêtait le week-end, un véritable drame… depuis que je délocalise en Inde, je peux enfin bâtir le week-end des sites efficaces et opératifs… le lundi matin ! ». À ce rythme, on peut difficilement voir comment les startups peuvent devenir compétitives sur un plan international. Ceci explique aussi pourquoi il n’existe pas en Espagne de place boursière pour les entreprises innovantes, comme le Nouveau Marché en France ou le Nasdaq aux États-Unis. P.C.

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