MWC 2015 – R. Gomes, Business France : « Barcelone prend un virage très prometteur dans le domaine de l’innovation »

 -  -  1111


La capitale catalane accueillera une nouvelle édition du Congrès Mondial du Mobile du 2 au 5 mars 2015. Un rendez-vous très attendu de toutes les entreprises du secteur, qui font le déplacement depuis les quatre coins de la planète pour présenter leurs nouveautés et se tenir informées des dernières avancées.En peloton de tête, les entreprises françaises qui peuvent se vanter de constituer le pavillon le plus important du salon. Rencontre avec Richard Gomes, directeur Espagne de Business France (née de la fusion Ubifrance-AFII). gomes-business-france-mwcQuels sont les enjeux du Mobile World Congress 2015? C’est LE salon business de l’univers du mobile en Europe. Cette année encore, ce salon sera le rendez-vous business incontournable des entreprises du numérique mais aussi le salon dans lequel seront évoqués les thématiques du futur. Les thématiques sont transversales et aborderont aussi bien la santé que les objets connectés, entre autres. Le pavillon France sera-t-il cette année encore le plus important du MWC ? La France aura, encore cette année, le pavillon national le plus grand du salon devant tout le monde ! On accueillera, directement ou indirectement, près de 130 entreprises sur le Pavillon French Tech. Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, l’offre Business France pour exposer permet à une entreprise française de payer la moitié de ce qu’elle devrait payer en direct en ayant une visibilité incroyable. Ensuite, Business France permet aux entreprises exposantes de contacter les principaux opérateurs du secteur dans le monde entier avant l’évènement. Les entreprises apprécient cette universalité et bénéficient de rendez-vous organisés directement sur leur stand pendant le salon grâce à notre travail en amont. L’initiative French Tech a par ailleurs permis de fédérer les acteurs du numérique, notamment en région. Les régions françaises se sont mobilisées comme jamais pour permettre à leurs pépites de venir exposer via le Pavillon French Tech. Et puis la France est un pays d’innovation ! On ne le dit jamais assez : nos écoles d’ingénieurs sont très bonnes, les grandes entreprises mondiales ouvrent d’ailleurs des centres de R&D en France pour les attirer ou cherchent à les faire venir dans leurs pays. De plus, il existe un phénomène relativement récent en France de créer sa start-up, ce qui donne un foisonnement de projets innovants, opportunistes avec une vocation immédiatement internationale puisque le terrain de jeu du numérique est global. Enfin, la proximité et la qualité du salon de Barcelone rendent les déplacements plus faciles. Quel est le profil des entreprises du Pavillon France ? On aura les derniers champions français reconnus internationalement comme Criteo côté au Nasdaq ou Sigfox qui vient de lever 100 millions d’euros, de jeunes pousses comme Orange ou ST Microlectronics (sourires), des start-ups affirmées dans le Lifi, sorte de wifi par la lumière, comme Sun Partners ou Oledocomm, dans la relation clients nouvelle formule comme Think &Go, dans la 3D comme Fogale, le portefeuille Bitcoin comme Ledger Bitcoin Wallet, ou dans les fameux objets connectés à la manière de Prove & Run. Ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres de la diversité de l’innovation pertinente française. Quatre entreprises particulièrement innovantes ont été récompensées par un jury composé de Business France, Orange, Idate, syntec Numérique et le Journal des télécoms. Ces trophées récompensent 3 solutions à la pointe de l’innovation. Le Prix Start-up a été remis à Bespoon, le Prix Télécom à Red Technologies et le Prix Coup de Cœur à Reminiz et Ledger Bitcoin Wallet. Barcelone ne manque pas d’atouts pour accueillir un congrès mondial mais est-elle vraiment tournée vers les nouvelles technologies? Barcelone est en train de prendre un virage très prometteur. La ville génère et attire de nombreuses entreprises innovantes. Les centres de R&D de Telefonica ou d’Orange sont ici. La Mairie a favorisé l’éclosion d’un écosystème basé sur l’innovation avec la mise en place du quartier 22@, « le quartier de l’innovation ». De nombreuses entreprises, associations, incubateurs y sont présents. Les entreprises et entrepreneurs français ne s’y trompent pas et nous sommes très sollicités par les Français dans ce domaine ,qui savent qu’il y a une demande d’innovation ici. Donc « si o si » comme on dit ici! L’Espagne est-elle terre d’innovations technologiques? Les start-ups locales font désormais la une des magazines spécialisés en innovation comme Social Point, Restalo, Kantox, Whisbi, Akamon etc… Il suffit d’aller voir LE magazine de référence qu’est Wired (qui a récemment consacré Barcelone comme l’une des meilleures villes européennes pour les start-ups, NDLR). Les écoles espagnoles d’ingénierie sont bonnes et la crise économique a poussé beaucoup de jeunes à se lancer dans l’entrepreneuriat plutôt que vers le salariat. Beaucoup des créateurs d’entreprises sont convaincus qu’il est préférable voire plus facile de créer sa société que d’être salarié. Les statistiques du chômage des jeunes ne leur donnent pas forcément tort. Des entreprises françaises innovantes viennent-elles s’installer en Espagne? L’un des plus beaux exemples est Connecthings. Belle réussite que cette start-up en Espagne qui travaille notamment très bien avec les villes de Madrid et de Barcelone. Criteo, Orange, Canal +, VeryChic sont des cas de succès aussi depuis plus ou moins longtemps. Les Etats semblent prendre conscience de la révolution numérique et essaient aujourd’hui de réguler cette nouvelle économie, comme on l’a vu récemment avec Uber ou AirBnB. Est-ce que c’est la fin d’une époque, d’une certaine liberté ? La régulation a toujours existé que ce soit dans les télécommunications ou dans les médias. Le monde du numérique regroupe ces deux univers et donc, de ce fait, est régulé. Ce que vous évoquez, Uber, AirBnB, est plutôt l’émergence d’une nouvelle forme d’économie : l’économie collaborative. Là, c’est autre chose. Ce n’est pas la fin d’une liberté comme vous le dites, mais le début d’une autre forme de consommation, qu’elle passe par le numérique ou pas. Là aussi, puisqu’on parle de cette nouvelle forme d’économie, l’idée est que le consommateur puisse s’y retrouver et être protégé. Quels seront les enjeux de demain? Les principales tendances européennes et mondiales se retrouvent dans plusieurs axes. Tout d’abord, les machines intelligentes et les systèmes cognitifs, c’est-à-dire ancrer l’intelligence dans des machines qui vont interagir. Ceci permettra le développement de nouveaux systèmes très sensibles et réactifs à l’environnement comme des prototypes de véhicules autonomes, des robots avancés, etc. Ensuite, l’internet des objets et la fusion entre le monde virtuel et physique : prolonger Internet au-delà du monde électronique. Il y a aussi l’impression 3D. En croissance depuis 3 ans, l’impression 3D devrait continuer à croître à un rythme incroyable dans un avenir proche. Enfin, le « Cloud » ou l’informatique en nuage, qui permet d’utiliser une capacité de stockage/puissance via internet. Le développement du Cloud entraîne un besoin accru de protection des données et des systèmes face aux cyber-attaques. L’enjeu de demain sera donc d’améliorer la sécurité et l’auto-protection. Propos recueillis par Aurélie Chamerois

Newsletter

comments icon Commenté 0 fois
0 commentaires
bookmark icon

Écrire un commentaire...