Permettre à de jeunes Français de trouver un stage en Espagne, l’une des missions essentielles de Diálogo depuis plus de 25 ans

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« Dans le cadre de son partenariat avec l’association d’Amitié Franco-Espagnol Diálogo, Le Courrier  Espagne a longuement rencontré son directeur, François-Pierre Puech en juillet. Une discussion sous le signe de la jeunesse, auprès de qui Diálogo tient un rôle particulièrement important.  Rencontre.  » 
Le Courrier d’Espagne : Quel rôle tient Diálogo vis-à-vis des jeunes Français ? 

François-Pierre Puech : Diálogo est une association qui axe son travail sur le rapprochement entre la France et l’Espagne à travers des secteurs clefs, que ce soit l’économie, l’industrie, les infrastructures, les collaborations culturelles etc. Ces relations bilatérales sont majoritairement entretenues par les décideurs du moment. Or il nous est apparu qu’il fallait non seulement travailler au renforcement des relations entre ces décideurs du moment, mais aussi anticiper sur les décideurs de demain, par un travail de fond. D’où cette volonté de créer la bourse de stages en 1987 afin  d’offrir des opportunités aux jeunes Français qui souhaitaient découvrir le monde du travail en Espagne. Ainsi, depuis 1987 nous tenons une bourse des stages qui permet tous les ans à des étudiants de trouver un stage en Espagne.

Vingt-six ans après le lancement de cette plateforme, il apparaît que plusieurs de ces jeunes gens qui ont découvert l’Espagne avec Diálogo sont aujourd’hui à la place de ces décideurs et nous les retrouvons parmi nos partenaires. Notre ambition est donc de permettre à des jeunes de venir découvrir le monde de l’entreprise. Bien évidemment pour des Français qui souhaitent venir en Espagne, mais aussi pour que des étudiants espagnols puissent appréhender un peu plus cette culture du stage, qui reste  spécifique à la formation française, avec cependant des variantes proches en Grande Bretagne (summer internships), en Espagne ou en Allemagne (notamment sous le concept de l’alternance). De plus, nous offrons  la possibilité à ces jeunes Espagnols de découvrir la culture des entreprises françaises, entreprises très présentes en Espagne. Le Courrier d’Espagne : Parce que vous travaillez majoritairement avec des entreprises françaises ?…                       François-Pierre Puech : D’après nos statistiques, en 2011,  plus de la moitié des entreprises partenaires de la Bourse de Stages  étaient des entreprises  d’origine française, à capitaux français ou ayant un fort lien avec la France : il s’agit d’entreprise espagnole dont l’essentiel du chiffre d’affaire est réalisé avec des entreprises françaises, dans le secteur de l’automobile ou de l’aéronautique par exemple. LCE : La culture française des stages s’immisce donc peu à peu dans la conception espagnole de la formation ?       FPP : Avec le processus de Bologne, qui vise à l’uniformisation des systèmes d’enseignement supérieur à l’échelle européenne, les cursus tendent à s’harmoniser oui. Mais la France reste loin devant, avec les premiers stages dès la classe de 3ème et une variété de cursus différents qui intègrent pleinement la donnée « stage » dans leurs formations. En Espagne, les mondes universitaires et entrepreneuriaux ne se comprennent pas toujours très bien, même si cela a évolué. LCE : La demande est donc forte du côté des jeunes Espagnols ? FPP : Oui évidemment, car si l’on compare les âges moyens d’entrée sur le marché du travail on remarque que les Espagnols entrent sur le marché plus tard que les Français. L’Espagne doit de plus faire face à une situation de crise économique qui vient inhiber le développement de cette culture du stage.  Les syndicats sont parfois réticents devant cette volonté de faire entrer des stagiaires dans une entreprise, à un moment où les licenciements sont malheureusement nombreux. Dans ce contexte, les jeunes Espagnols savent pertinemment que les stages, à l’étranger ou dans leur pays, sont une possibilité d’apprendre et d’enrichir un CV efficacement avant d’entrer sur un marché du travail très compétitif en règle général et bouché en Espagne en particulier.

LCE : Les entreprises proposent-elles une embauche à la fin d’un stage généralement ? FPP : Tout dépend du niveau de stage et de l’entreprise. Certaines entreprises ont développé une vision du stage à moyen et long terme. Notamment dans la finance, les entreprises cherchent souvent des profils très précis et dispensent une formation de qualité durant le stage de façon à pouvoir proposer un poste à la fin de celui-ci. De façon générale, le taux de transformation est assez élevé. Pour les entreprises, le stage est un moyen de capter des futurs jeunes diplômés talentueux, de les former et de les intégrer à leurs équipes. LCE : Dans quels secteurs aujourd’hui y a-t-il beaucoup d’offres de stage ? FPP : En règle générale nous proposons beaucoup d’offres dans les secteurs de la finance, du commerce international, du marketing, de la communication et du droit. LCE : Etes-vous présent à Barcelone ? FPP : Physiquement non, nous sommes basés à Madrid mais cela n’empêche que notre réseau couvre les pôles économiques majeurs du pays : Barcelone, Valence, Séville, Bilbao, et Madrid. Notre aire d’influence touche ces zones et nous captons donc les offres de stages des entreprises présentes dans ces territoires. LCE : Quels sont les atouts que doit posséder un jeune Français pour réussir son stage en Espagne ? FPP : Tout d’abord il est fondamental de parler espagnol. Même si le français est compris dans certaines entreprises, ce n’est jamais la langue de travail. De même que pour travailler à Barcelone, parler le catalan reste un atout évident. Puis il faut veiller à garder une certaine ouverture d’esprit, quel que soit le niveau de formation. Même en sortant d’une bonne école française, avec un certain bagage et des connaissances théoriques, il faut garder en tête que l’Espagne reste un pays plutôt pratique et pragmatique. Il y a une culture du mérite forte, et il ne faut pas s’offusquer de devoir découvrir plusieurs métiers, même des fonctions supports. Tout le monde doit gravir l’échelle de la hiérarchie, mais ce n’est que le reflet de la réalité dans n’importe quelle entreprise à vrai dire. LCE : Pourquoi choisir l’Espagne quand on a vingt ans aujourd’hui ? FPP : L’Espagne, ce n’est pas si différent de la France en réalité. Il y a une couleur culturelle qui se rapproche un peu de la nôtre, on n’est pas complètement dépaysé en arrivant, même si beaucoup de traditions espagnoles nous sont inconnues au départ. Par ailleurs, le pays reste une ouverture sur le monde latin, ce qui est extrêmement intéressant pour un étudiant ou un jeune actif. De même, en ces temps de crise, venir faire un stage en Espagne peut constituer une expérience très enrichissante professionnellement comme humainement. Les contraintes économiques étant ce qu’elles sont il faut apprendre à faire autrement pour rester performant dans un environnement plus délicat.  Il faut savoir s’adapter et intégrer de nouvelles préoccupations. Et puis les Espagnols sont très performants dans le commerce du fait de leur aptitude à établir un contact direct rapidement. C’est une chose que font peut être moins bien les Français. Ainsi, compléter son apprentissage théorique par un peu de pratique de l’autre côté des Pyrénées peut s’avérer intéressant pour apprendre à établir et entretenir de bonnes relations et constituer son réseau, à l’espagnol !  

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