Salon du tourisme Fitur 2013, indépendance et pays émergents

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Le Salon du tourisme a enfin ouvert ses portes dans une période incertaine. Cette rencontre internationale dans un pays où le tourisme est la deuxième industrie est aussi l’occasion pour les régions de revendiquer un droit à leur identité. Cette année, les pays émergents s’imposent sur le Salon avec parfois un discours plus économique que touristique. La vieille Europe a du souci à se faire.

Chaque édition apporte son lot de surprises. L’équipe du Courrier d’Espagne y passe une journée ou deux depuis douze ans et on ne s’y ennuie jamais, crise ou pas crise. Mais cette année, nous avons remarqué de nouveaux concepts du côté espagnol. Ce mercredi, nous avons repéré ces quelques nouveautés.

L’Espagne, sur fond de crise et d’indépendantisme

Du côté du nord, la région basque Euskadi a présenté son « Euskadi-Basque Country » afin de faire valoir sa « propre identité » selon les mots des responsables politiques locaux venus en faire la promotion. Il s’agit d’un mini tour opérateur qui concentre des acteurs de la gastronomie, du tourisme urbain et de la « nature active ». L’ambition est de faire la promotion de Euskadi Basque Country sur les marchés internationaux.

Autre nouveauté côté espagnol, la présentation de la part de Séville de sa nouvelle « Ruta de Castillos » (route des châteaux). Un circuit de 40 châteaux et murailles que la Diputation sévillane veut offrir comme une alternative aux classiques villages andalous.

Un peu plus loin, la ville d’Elche, toute proche d’Alicante s’est adaptée au langage de crise et propose un plan «low-cost » pour le mois de février. Autrement, « Elche 24 heures, 24 euros » dans des établissements hôteliers de quatre étoiles avec lesquels la ville a établi un accord.

Les pays de l’Est et l’Angola ont des arguments économiques

Au niveau international nous avons remarqué cette année une forte présence de la Russie. Les 45% de hausse de touristes russes ayant visité l’Espagne en 2012 motive les autorités à faire la promotion de la ville de Moscou. Un responsable de chaine d’hôtel de luxe espagnole nous a avoué « Il y a trois ans, les russes représentaient à peine 5% de la clientèle dans nos palaces, l’an passé, ils étaient en deuxième position avec plus de 40%. » L’Ouzbékistan est également très présent et avait choisi de mettre en avant les vols de la compagnie Air Uzbekistan, et ses vols depuis Madrid. Il n’y a pas de doutes, les pays de l’Est arrivent en force sur le marché espagnol.

Nous avons également remarqué une certaine présence de l’Angola. On sent que le pays n’est pas trop habitué à faire la promotion du tourisme. De petites brochures, un accueil plutôt inexistant, le secteur tâtonne mais a le mérite d’être là. Le pays est celui qui a la plus forte croissance au niveau mondial avec un taux qui avoisine les 20%. Il devient aussi un eldorado pour les entreprises espagnoles et portugaises qui vont y chercher des nouveaux marchés. L’an passé, plus de cent mille Portugais sont partis dans leur ancienne colonie chercher du travail.

L’Amérique Latine impose son tourisme et sa croissance

Le pavillon de l’Amérique Latine est à l’image de l’émergence et du dynamisme du continent, le Panama en tête. Le Brésil et surtout le Mexique s’imposent avec d’énormes surfaces, ce que peu de pays ont sur ce salon.  La Colombie est aussi mise en avant ici. Rappelons que cette destination est de plus en plus accessible. Quant au Panama il deviendrait le petit Singapour de l’Amérique Latine. Nous vous invitons à voir nos articles des éditions précédentes : surla croissance panaméenne, et sur Jet Blue.

La France représentée par ses hôteliers

 Il y avait plus de dix-huit acteurs du tourisme français répartis sur tout le salon. On y a vu Air France, Chic outlet shopping et quelques hôtels comme le Best Western Nîmes Hôtel, ou le Relais du Silence, présent chaque année en tant qu’indépendant.

D’ailleurs, la société mère de ce groupement d’hôtels, SEH United Hôteliers a annoncé la création de dix nouveaux hôtels en Espagne et en Andorre en 2013. Le but est d’agrandir un réseau ibérique qui compte déjà treize établissements. SEH regroupe quatre marques : P’tit Dej-Hôtel, Inter-Hôtel, Qualys-Hôtel et Relais du silence. Des enseignes essentiellement impliquées en France, ou se situe la très grande majorité des 547 hôtels du groupe coopératif. Montse Moliné, nouvelle responsable du groupe en Espagne, que nous avons rencontré, est chargée de piloter ce développement international sur la péninsule.

Enfin, grand fidèle de l’évènement, Pierre et Vacances. Le groupe est très présent en Espagne, et sa formule plait beaucoup aux Espagnols, qui fréquentent de plus en plus les destinations françaises. Il plait également aux Français qui viennent en Espagne. La firme s’étend chaque année un peu plus sur la péninsule ibérique avec depuis quelques temps un fort développement sur la côte méditerranéenne. Laure Fenech, du département marketing, nous a expliqué lors de notre passage que le groupe devait à la fois capter les Espagnols mais aussi les Français de plus en plus adeptes des côtes espagnoles.

Les acteurs rencontrés sont dans l’ensemble assez satisfaits des prises de rendez-vous. Cependant, il est dommage que dans un évènement de rencontres internationales comme celui-ci, il faille encore devoir payer le wifi dans les allées alors qu’il est gratuit dans les pays émergents, comme dans les rues de Kiev par exemple…

Philippe C.

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