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L’autoroute qui n’existera jamais

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Il était une fois, un horrible projet d’autoroute qui aurait dû exister à Valencia, mais qui grâce à de bonnes fées, n’a finalement pas pu voir le jour.

À la place, est un parc iconique, le fameux “Jardine del Turia”, cette superbe “coulée verte” qui constitue le poumon de la troisième ville d’Espagne et que tout le monde envie. 

L’histoire del Jardin del Turia est une histoire qui commence mal, mais qui finit bien ! Cela a d’abord commencé avec un fleuve qui débordait régulièrement lors de fortes périodes de pluie jusqu’à ce jour d’octobre 1957, où les inondations furent plus mortelles que jamais, avec un bilan de 81 morts. Cette “riada”, celle de trop, obligea les autorités de l’époque à prendre la décision de détourner le cours du fleuve pour l’empêcher de traverser la ville. Un nouveau lit a donc été entièrement construit en périphérie de Valencia : restait donc, un terrain vague asséché, plein de vide et de mauvais souvenirs, sorte de cicatrice inutile. Il fallait utiliser ce nouvel espace…

Mais que construire ? Une autoroute de 6 voies comme le voulaient les autorités de l’époque ? Un long et grand parc vert avec des aires de jeux pour la population ?

Le débat a été vif et la mobilisation et l’opiniâtreté des habitants ont fait la différence : avec le slogan, “le lit du fleuve est à nous et on le veut vert(“el cauce es nuestro y lo queremos verde”), la société civile a fait pression et obtenu le rejet du projet d’autoroute.

Ainsi, il y a tout juste 40 ans, en 1979, dans une Espagne qui découvre la démocratie, le maire Ricardo Pérez Casado (1979-1989), d’une simple signature mettait fin à des années d’incertitudes et surtout donnait raison au bon sens d’une majorité de valencianos.

Que serait Valencia sans son fameux “rio seco” ?

40 ans et quelques millions de pesetas et d’euros plus tard, “el rio” ou elcauce(le lit del Turia) arrive en première position dans le classement des meilleurs parcs d’Espagne que vient de publier Google.

Ces 110 hectares de terrain vert, de pistes cyclables, d’aires de jeux, de sport et de convivialité sont tout simplement uniques au monde et font désormais partie de l’ADN même de Valencia. Chaque année, 3 millions de personnes profitent de cette végétation méditerranéenne composée d’oliviers, d’oranger, palmiers, pins et cyprès pour ne citer que les plus voyants puisque des centaines d’ espèces végétales cohabitent de manière harmonieuse.

Entre la décision en 1979 d’en faire une zone verte et le premier coup de pelle donné en 1986, de nombreux problèmes politiques, financiers et techniques ont dû être résolu, mais chaque année, tronçon par tronçon, kilomètre après kilomètre, le lit s’est aménagé servant également d’écrin pour y construire des infrastructures emblématiques tel que el Palau de la Musica, le parc Gulliver, et plus récemment la Citê des Arts et des Sciences, l’Opéra ou encore l’Hemisferic

Il reste encore quelques kilomètres, les derniers, pour que les 18 tronçons (un total de 12 kilomètres sont prévus) soient aménagés et permettent de relier Mislata à Nazaret Pour cela, quelques années et une poignée de millions supplémentaires seront nécessaire, car il faudra entre autres, enterrer les voies de chemin de fer

En attendant, le spectaculaire parc de Valencia, dont l’existence parait évidente aujourd’hui, continue d’accueillir des visiteurs enchantés qui parfois même, ignorent, qu’il n’y a pas si longtemps, un cours d’eau le traversait.

 

Laurence Lemoine

www.valencia-expat-services.com

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