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Où sont nichés les Français de Madrid ?

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Grâce à la croissance économique, Madrid est à la mode et cela se ressent. Mais il est de plus en plus compliqué de trouver un logement à des prix raisonnables dans la capitale. Pour faire face, Isabelle Boix a lancé en 2005 Madridem, un service de relocation pour tous les expatriés désireux d’une nouvelle vie dans la capitale. Rencontre.

Pourquoi avoir créé votre entreprise ?

Mon père était directeur général d’une multinationale française. Lorsqu’il a pris sa pré-retraite, il avait besoin d’un remplaçant et ce dernier a eu du mal à trouver un appartement pour sa famille. C’est de là que m’est venue l’idée: Pourquoi ne pas aider mes compatriotes alors que je parle leur langue, je connais leur culture, etc. 

Ce n’est pas la même chose d’avoir un client asiatique, européen ou américain. 

Justement, qui sont vos clients francophones ?

Il y a des Belges, des Suisses, des Canadiens, mais surtout des Français car il y a beaucoup de multinationales françaises en Espagne.

Quels sont les quartiers de Madrid les plus demandés par ces Français ?

Tout dépend de leur profil. Pour la famille française avec enfants, dont le mari a été muté, leur priorité est de vivre près d’un lycée Français. Il y en a trois à Madrid: celui du Parque Conde de Orgaz dans le quartier de Canillas, le Saint-Exupéry à La Moraleja et le Molière à Villanueva de la Cañada. 

Ceux qui vivent à La Moraleja sont ceux qui ont des gros budgets et qui peuvent se permettre une maison à 5.000€ par mois par exemple. Ceux qui choisissent Villanueva de la Cañada vont trouver un bien moins cher, en dehors de Madrid, qui correspondra à leur budget moins élevé. Enfin les alentours du Parque Conde de Orgaz vont être les plus demandés car il est proche du centre.

Pour les couples et les célibataires, le centre et les quartiers historiques sont les plus recherchés: Salamanca, Chamberi, Las Letras, La Latina, Puerta del Sol, Plaza Mayor, Opera, Chueca ou encore Malasaña.  

Quelles sont les caractéristiques des biens souhaités par ces expatriés ?

Pour une famille, la plupart du temps ils recherchent une maison avec piscine, jardin, garage et débarras. S’il y a des espaces communs, les enfants pourront jouer avec les autres enfants. Après j’ai des familles qui recherchent plutôt des appartements et dans ces cas-là, on part sur des áticos. Dès que j’en ai, je leur réserve toujours car c’est ce qu’ils préfèrent. Mais il faut savoir qu’il y en a peu et qu’ils sont souvent chers.

Pour les couples, un petit appartement avec une ou deux chambres est suffisant. Leur préférence c’est le quartier plutôt que la taille de l’appartement. 

Et quel budget sont-ils prêts à mettre ?

Disons que c’est quelque chose qui dépend beaucoup de leur poste. Un diplomate par exemple aura un budget plus élevé même si ça dépendra de son poste. À l’inverse, un cadre qui est directeur général, directeur marketing ou directeur commercial peut avoir entre 3.000€ et 5.000€ par mois.

Un couple qui vient d’arriver et dont le compagnon est cadre moyen dans une multinationale française aura peut-être 2.000€. 

Et quand ce sont des personnes qui viennent d’arriver et pour qui c’est peut-être le premier poste, il faut compter un budget de 1.200€ ou 1.500€.

Quels sont, à l’inverse, les quartiers les moins demandés par les Français ?

Ce sont surtout les quartiers populaires comme Vallecas. Les gens ne veulent pas vivre où il y a beaucoup d’immigration. C’est pareil pour Lavapiés. 

Ce sont donc les quartiers les moins chers ?

Oui mais pas que. Canillas, Chamartín, Legazpi et Madrid Río sont aussi des quartiers pas trop cher où les expatriés français aiment bien s’installer. Et puis les áticos là-bas sont aux alentours de 1.200€ au lieu de 1.500€. 

Et les quartiers les plus chers ?

En 2019, le quartier le plus cher est celui de Salamanca. Il y aussi ceux du Centro, El Viso où vivent beaucoup de familles espagnoles, et le nord-ouest de la communauté à savoir Pozuelo, Las Rozas et La Finca.

Proposez-vous des services en plus de la recherche du bien idéal ?

Effectivement nous ne nous arrêtons pas à la recherche du logement. Pour s’installer, ces expatriés ont besoin de papiers administratifs, donc nous allons les aider avec le NIE, le recensement à la mairie, l’ouverture d’un compte en banque, Internet, le téléphone, etc.

Dans une agence classique, une fois que le bail est signé, c’est terminé. Avec moi non. Ils savent qu’ils peuvent m’appeler n’importe quand à partir du moment où ils s’installent. Je fais l’intermédiaire jusqu’à 6 mois car après je considère qu’ils n’ont plus besoin d’aide. La relocation c’est un cycle qui va des recherches à l’installation. 

Vous êtes également “personal-shopper inmobiliario”. En quoi consiste ce métier ?

Le “personal shopper inmobiliario” s’adresse aux personnes qui veulent acheter ou investir à Madrid. Aujourd’hui j’ai par exemple deux cas: des Français qui habitent Madrid depuis trois ans, que j’ai installé et qui souhaitent acheter, et le cas d’une Allemande, expatriée en Espagne il y a six ans que j’avais aidé, et qui souhaite acheter un appartement en Espagne. 

Pour leur trouver le bien idéal, je vois avec mes contacts, avec les agences immobilières avec qui je travaille, les sites internet, etc. C’est un business que je n’avais pas pensé au tout début et qui s’est développé au fil des années grâce à des clients à moi.

J’avais une propriétaire, diplomate, partie à l’étranger. Tout d’un coup elle me dit qu’elle veut acheter à Madrid. Comme elle n’avait pas le temps, nous avons fait toutes les recherches d’appartements pour elle. Elle est venue passer deux jours à Madrid, on a fait des visites et elle a acheté un bien. 

 

Camille Sánchez

 

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